mardi 10 mars 2015

Trail et vie de Chimay : 36 kms

 Et me revoici au départ d'une épreuve dans le plat pays !
Et dire qu'il n'y a pas encore si longtemps je m'imaginais ce territoire gorgé d'eau ou le seul moyen de  déplacement consistait à ramer dans une barque d'un îlot à l'autre.
Fallait m'excuser , mais il y a encore des nordistes qui pensent que nous dans le sud, on a des temps aménagés dans la journée pour faire la sieste ...
Les idées reçues ont la vie dure .

Je sais pas, mais quand je rentre chez moi et que je dis "Belgique", les mecs bavent et commencent à me parler de bière. Certains , pensent même qu'on peut en trouver sur les ravitaillements de certaines courses. Vraiment n'importe quoi !

Alors au lieu de palabrer sans vraiment être sûr de ce que j'avance, cette année, je sillonne la Wallonie pour comprendre les us et coutumes de nos voisins et raconter mes aventures à mes collègues méditerranéens allongés dans leurs hamacs . Courageux , mais pas téméraire, je n'ai pas encore osé tester la partie Flamande vu que je n'arrive pas à orthographier correctement les noms de leurs villes sur mon GPS (Roeselare, Waarschoot ... sexy hein !)

Bref, j'épie les organisations, je dissèque les mentalités, je prélève des échantillons aux ravitos et j'en fait un rapport détaillé.

Aujourd'hui, me voici à Chimay (ouais comme la bière mais d'abord c'est une ville. Par contre Heineken et Kronenebourg ne sont pas des villes belges ... allez comprendre ! ) pour participer au trail et vie , troisième manche du challenge des trails de la foret de Chimay.

Au regard des infos que j'ai pu glaner sur internet, le menu du jour va consister à emprunter des chemins forestiers avec plus ou moins de boue et sans énormes difficultés sur 36 kms. La vitesse va être prépondérante et en ce début d'année, on ne peut pas dire que ce soit ma spécialité.

Le retrait des dossards se fait au sein d'un lieu scolaire , bien clair, avec un balisage efficace , des tonnelles pour prendre un petit déjeuner (offert), des barbecues en préparation pour le repas de midi (offert aussi !) et surtout, un grand soleil, sans nuage, sans pluie. Je décide donc de laisser ma combinaison néoprène, mon masque, mon tuba et mes palmes dans le coffre de mon véhicule et opte pour une tenue plus légère, estivale. Je sors ces vêtements tellement souvent depuis que je suis dans le nord que quelques mites s'échappent du sac dans lequel je les avais stockées !

9h30, heure du départ des deux distances. Je l'ai déjà dit maintes et maintes fois, je déteste ce système ! Je ne sais jamais à quelle place je me trouve. Je peux comprendre la facilité pour les organisateurs, ou l'émulation que cela crée avec la masse mais je n'y adhère absolument pas .
J'ai encore en mémoire le déroulement du trail de Couvin : départ lent et pacmanisation continuelle jusqu'à l'arrivée avec un léger regret de ne pas être parti plus vite.
Même les hamsters y arrivent, je devrais donc apprendre de mes erreurs. Du coup, je prends un meilleur départ, tellement bon, que je suis à deux doigts de monter sur un put*** de quad placé à 10 mètres de la ligne et qui filme afin de réaliser un court métrage de l'épreuve.

L'objectif est fixé sur bibi, je suis furax, je montre les dents, pas rasé depuis une paire de semaines , je dois faire peur façon viking, sauf que je mesure un mètre de moins que la plus petite de leur femme, du coup, je dois ressembler à une belette constipée qui a bien envie d'y faire bouffer sa caméra.
 Évidemment, l'année prochaine, faudra dégager cet engin.

Je repère rapidement le mec qui a fini juste derrière moi lors de l'épreuve précédente. Je sais que la dernière fois son départ avait été bon et que je l'avais rattrapé sur la fin. Je profite donc du lièvre, persuadé d'être parti sur les chapeaux de roues. Après une première partie bitumée en descente puis en côte , nous attaquons les sentes boisées. La chance est avec nous, la météo clémente à assécher de nombreuses portions laissant les bains de boue dans les parties les plus ombragées. Les pièges sont nombreux, nous sautons par dessus les racines, au delà des ruisseaux, surfons sur la boue, enjambons des ronces, fouettons notre poursuivant avec des branches ... bref, 50 nuances de grey version Belgique.
A force d'entendre les "oh oui fait moi mal" du concurrent derrière moi, je décide d'accélérer quelques peu afin de laisser une distance acceptable entre mes fesses et lui. Ce petit coup de fouet (imagé ok) me permet de grappiller quelques places , de rattraper un groupe et dans ma tête, je reste optimiste, persuadé qu'avec ce départ je dois déjà me trouver dans les 10 premiers.

Le premier ravito passe , une boisson ambrée semble remplir quelques verres ? du ice tea ? j'entends les bouchons pétés, quelques camarades se roulent sous les tables en chantant bizarrement, je gagne au moins 10 place grâce à cet attroupement ... je ne m'arrête cependant pas, faudra quand même que j'analyse ça plus tard .

Nous arrivons enfin au carrefour des deux distances, je n'ai aucune idée de ma position mais je sens que je suis bien placé. Tous les concurrents que j'ai en visuel bifurquent ... de mon côté. Comment est ce possible ?, qu'on t ils mangé ? ou bu ? sûr que c'est grâce au ravito, les belges gagnent tout en vélo, fallait bien qu'ils aient un petit secret.
Traîtres, c'est donc ça le pot belge ! Je ne m'inquiètes guère, je sais qu'un second pit stop approche à grand pas et là je vais m'y arrêter , vider leur mixture et voler jusqu'à l'arrivée. ça va chauffer sévère.

D'autant que depuis la séparation des deux distances, j'ai appris que j'étais 12 ème. Franchement, ça m'a mis un coup et physiquement , je l'ai aussi ressenti. Je perds une place supplémentaire et reste stupéfait par ma position que j'imaginais bien meilleure .

Les passages en forêt se succèdent, quelques petites ascensions se présentent de temps à autre, rien de bien méchant, toutes les portions se courent. Je m'accroche tant bien que mal lors de ce passage à vide et comme lors de la noctambule, la distance avançant, mes sensations reviennent progressivement.

Le second ravito se présente enfin. Cette fois ci , pas question de laisser passer l'occase. Je trempe mes lèvres une première fois, hésitant, une seconde fois pour confirmer mes doutes, une troisième fois pour être vraiment sûr . Merde, le verre est vide. Normal, j'en prends un autre. Peut être que chaque verre amène quelque chose de particulier ? Et , c'est vrai qu'après le premier, je me suis senti mieux. Après le second, je me suis senti fort, après le troisième, j'avais plus mal aux jambes vu que je dansais debout sur les tables. Après le quatrième tout le monde était mon ami, après le cinquième un gars m'a foutu dehors en m'expliquant que , soit disant, il n'y en aurait plus pour les suivants... Radins va, voulait tout se garder pour lui.
Je tente bien un retour façon inspecteur Colombo, mais le mec avait du boire un verre qui améliorait l'acuité visuelle car il m'a repéré de loin et m'a indiqué la sortie .

Dommage, mais ce que j'ai pris devrait suffire.
L'accélération tarde pourtant à arriver. J'ai le ventre qui tourne, des gaz qui s'échappent par tous les trous. Étrange, il doit falloir sûrement être habitué. Les magazines préviennent pourtant : toujours tester son ravitaillement pendant l'entraînement pas le jour de la course !

Bref ! Finalement, je sens un petit quelque chose poindre au plus profond de moi : pas une diarrhée mais le sursaut de la bête, inarrêtable, la belette en action ! Je passe de la 13 ème place à la 6 ème dans les 5 ou 6 derniers kms. L'ultime portion présente davantage de difficultés que sur le reste du parcours. J'en avais gardé sous la pédale et j'ai bien fait ! Je passe ainsi la ligne d'arrivée en 2h53 6ème et 3 ème sénior (je le savais pas, du coup je suis pas resté pour les podiums , la bière n'améliore visiblement pas les capacités intellectuelles !)

Je suis plutôt satisfait de ma course. Avec les possibilités du moment, j'ai fait ce que j'ai pu. Je ne travaille pratiquement que l'endurance et j'en récolte les fruits . A tel point que je me suis inscrit aux 80 kms de l'éco trail dans 10 jours sur un coup de tête.
L'objectif de l'année restant , bien entendu, les 243 kms de l'intégrale de Riquet en juillet.

Côté orga :
accueil, bénévoles nickels
parcours roulant mais sympa
départ commun à revoir (pour moi)
quad à virer l'année prochaine !
je ne me suis pas arrêté aux ravitos donc je ne peux en juger la qualité
photographes présents aux points stratégiques (marre boueuse !), merci à eux
15 euros l'inscription pour un petit dej et un repas post course offerts . (tout à fait honnête, moins de 0.50/kms)

 Résultats ... ICI !



photos à venir

dimanche 22 février 2015

Off du night trail de Frameries

Pour fêter ce premier weekend de vacances, j'avais décidé d'enchaîner la noctambule chimacienne samedi soir et le off du night trail de Frameries dimanche matin.

 

Nous étions à nouveau nombreux au rendez vous



Cette belle sortie nous a permis de découvrir le borinage et ses multiples terrils avec leurs noms si poétiques : le titan du levant, l'héribus, le Saint joseph ...



Notre hôte du jour (Stan) s'amuse à nous faire découvrir toutes les faces de ces monticules noirs.





La vue au sommet nous laisse imaginer les possibilités qu'offre ce territoire



Nous découvrons aussi certaines particularités du parcours dont le terril en glaise, bien glissant







Kenza, la mascotte du groupe, nous nargue avec sa facilité à escalader les parois les plus abruptes



Charly continue son apprentissage des techniques de descente. Sur le cul souvent, sur ses pieds parfois, en gueulant toujours. Il traîne un peu trop avec Stany ...





De mon côté, je cherche à bien me placer ...



Au terme de ces 18 kms , ou nous avons beaucoup sucé



Nous récupérons le pass, lieu de départ et d'arrivée sous un beau soleil hivernal.





Merci à notre hôte pour ces 2h30 de plaisir !

 

 

et merci à tous les photographes !




La noctambule chimacienne

J'adore courir la nuit. Lorsque le premières foulées percent l'obscurité, je rentre dans une bulle ou les distractions n'ont plus leur place et ou l'introspection prend la sienne.
Les sons se limitent aux rares hululements d'une chouette affamée , le champ visuel se restreint à la courte portée de la frontale .
On associe souvent la course à pied à la liberté et aux grands espaces. En pleine nuit, la seule fuite accessible est celle de l'esprit.



En ce samedi soir, je me trouve à Chimay (Belgique) pour la seconde manche du challenge de la forêt du pays de Chimay. Ce challenge propose deux versions : une courte (avec des courses d'une vingtaine de kms) et une longue (courses d'une trentaine de kms).
Aujourd'hui, l'épreuve présente une distance unique : 23 kms 300 D+ ou vont se croiser les challengers du court comme du long.
Le lieu de RDV est un collège avec de nombreuses places de parkings ou tout est bien organisé. Je retire mon dossard et mon cadeau d'inscription (une bouteille de bière et un fromage de Chimay qui va embaumer ma voiture !, un bon pour une soupe .... le tout pour 10 euros !)
Le temps est clément, pas de pluie , pas de vent , le terrain s'annonce boueux. Je continue mon traditionnel rituel d'avant course, d'abord la chaussette gauche toujours ... et je passe ensuite à l'échauffement ou il me reste quelques minutes pour tester ma nouvelle frontale (ancienne perdue lors du trail D2B) .
15 minutes de footing plus tard, je rejoins les marches du collège ou un briefing nous attend. L'ambiance excellente est cependant douchée par la chute soudaine de trombes de grésil. Nous nous abritons sous un préau, à l'écoute des dernières infos puis nous nous dirigeons au point de départ (sous un pont !).

Je me place devant, bien conscient que sur une course aussi courte, un mauvais départ peut plomber son résultat. Le peloton constitué de 380 personnes attend les ordres oraux du starter qui va y laisser  une corde vocale. J'aime bien ça , "à l'ancienne" comme il l'a précisé .Pas de chichis, pas d'orgueil ni de négligence. Juste une volonté assumée d'offrir une épreuve "nature".

La meute est enfin lâchée. Les premières portions bitumées permettent déjà d'envoyer du lourd. Nous nous faisons happer par l'obscurité malmenés par les conditions météos qui s’aggravent de secondes en secondes. Le grésil laisse la place aux flocons de neige, le thermomètre baisse sensiblement. J'ai les jambes rouges rafraîchies par le sol détrempé et le déluge qui s'abat sur nous.

Mais la nuit joue son rôle, maîtresse d'oubli. Ma bulle de lumière , espace ô combien intime, est perturbée par le nuage de vapeur qui s'extrait de ma bouche, signe que le froid s'installe tranquillement. La visibilité reste limitée et faute d'être équipé d'antibrouillards , je m'efforce de deviner le terrain à venir au travers de ce rideau de fumée.

L'obscurité altère les perceptions, les flocons tombent drus. Ils se matérialisent devant le faisceau de ma frontale par des lignes blanches entrecoupées d'espace. Ces figures me font penser à de nombreuses choses dont des tirs de mitraillettes. Moins mortels, mais tout aussi glaçant.

En plein jour, la première place d'un groupe permet de libérer le champ de vision et d'anticiper ses trajectoires . En pleine nuit, cela n'est pas le cas. Devant soit, se forme un no man's land, une zone invisible causée par l'ombre de son propre corps captée par la frontale du coureur derrière soit.

Toutes ces particularités sont inhérentes aux courses nocturnes. Elles sont d'autant accentuées que la vitesse de progression est grande. Durant ces 23 kms, je suis passé par divers phases.

D'abord parti sur les chapeaux de roue, je me suis rapidement retrouvé 5ème. Le début du circuit bitumé puis les chemins bien nets m'ont permis de ne m'occuper que de mon rythme. Les appuis ne posant pas encore de difficultés.

Puis, j'ai quelque peu calé, surtout en descente, ou je suis resté frileux à lâcher les chevaux. Souvenir de périostite. Les places se jouent à peu de choses et je commence à sérieusement rétrograder ( 9 ème ). La visibilité devient difficile lorsqu'on pénétrè dans le royaume forestier. Avec la vitesse, je devine au dernier moment une pierre, une branche ou un tronc cachés au milieu de la boue ou des feuilles. Je ne les évite qu'avec de la chance. Mais celle ci ne peut tenir durant 23 kms et je ne tarde pas à me tordre violemment la cheville .

Depuis que nous sommes au milieu des bois, j'ai l'impression de courir au hasard, de poser mon pied au sol en espérant qu'aucun piège ne m'attend. Crispé, refroidi par une seconde torsion du pied, j'ai du mal à maintenir mon allure. Un concurrent me rattrape, me presse. Je tente d'accélérer pour ne pas le ralentir et je loupe un embranchement. 200 m de grosse descente plus tard, j'arrive à un carrefour vierge de toute indication. Je me suis égaré. Demi tour, ascension, colère. Le temps de récupérer le parcours, je vois s’égrainer les frontales qui me doublent.

Je suis dégoûté. Je n'ai plus l'envie et je n'arrive même pas à accrocher les nouveaux coureurs qui se présentent derrière moi. Il faut de toute façon avancer et utiliser cette sortie comme une séance de fractionnés, faute de mieux.

Alors je me remets dedans , reprend un rythme correct afin de stopper l’hémorragie. Le résultat est immédiat, je ne perds plus de place, mais n'en gagne pas non plus. Passage à un carrefour, un bénévole annonce "16ème". Il y a encore moyen de faire quelque chose . Je manque certainement de vitesse, mais j'ai la caisse pour tenir une allure régulière sur ces 23 kms.

Reboosté, je retrouve un second souffle et commence la chasse. Les frontales sont bien visibles devant moi et n'attendent que d'être rattrapées. Pas d'inquiétude, j'arrive. Même sentiment de maîtrise qu'à Couvin.
Je double les concurrents les uns après les autres, plaçant un petit coup de rein lors des dépassements pour éviter d'être suivi. Un coureur se cale derrière moi et se colle à ma foulée. Je l'entraîne dans un fauteuil sur le chemin du retour.

Tous ces efforts commencent à peser sur mes jambes. D'abord poids mort, Le collègue accroché à mes basques retrouve à son tour des couleurs et prend des relais bien costauds. Il va nous permettre de maintenir une allure soutenue pendant quelques kms.Je m'accroche difficilement à son sillage, serrant les dents devant son regain de forme, devenant à mon tour un boulet . Un regard vers l'arrière, le trou est fait. On va pouvoir gérer la fin du parcours et finir ensemble main dans la main.

Chose faites au bout d'1h48 d'effort pour 23 kms, 300m de D+ et une 10 ème place (loin du premier en 1h37). Nous nous congratulons, nous remercions pour avoir assuré les relais au moment ou l'autre était dans le dur.

Je reste discuter quelques minutes avec John un membre du club de Madres ( brillant 4 ème aujourd'hui ) et rentre me changer, frigorifié par les trombes de flotte gelée que nous avons reçu pendant près de deux heures.

Côté organisation :
- rien à dire, pas d'écueil, rien et c'est suffisamment rare.
- parcours sympa mêlant du très roulant (bitume, chemins) à des sentiers boueux et traîtres . Quelques côtes raides et glissantes s'intercalent au milieu de tout ça. Les 5 premiers kms sont aussi les 5 derniers mais à l'envers, forcement.
- Bénévoles à tous les carrefours, circuit super bien balisé et erreur imputable qu'à moi même
- tarif d'inscription modique pour une soupe, une bouteille de bière et un fromage qui pue.
- aucun ravito

De mon côté, je peux enfin partir en vacances et continuer l'entraînement dans la perspective des 36 kms du trail de Chimay le 8 mars.
Je ressors de cette épreuve satisfait mais aussi conscient de mes limites du moment. je dois être capable d'aller encore plus vite .Nous verrons ça dans 15 jours !

Résultats ... ICI !
Photos à venir



dimanche 15 février 2015

le Off de Colfontaine

Après de nombreuses améliorations de son parcours, Charly a trouvé de quoi ravir ses hôtes : des terrils, de la boue, de la bonne humeur et du soleil .
Nous étions donc nombreux à affronter cette vingtaine de kms.


Les membres de ce peloton provenaient d'un peu partout : du club de madres (Belgique), de celui de Maubeuge marathon, de l'orga du trail du caillou , du club d'Aulnoyes Aymeries ...

 

De petits yeux marqués par la soirée de Saint Valentin la veille, tout ce beau monde s'en est allé découvrir ce que ces bois avaient à nous offrir :



Le Sauwartan : première grosse difficulté du jour. Nous perdrons deux membres de notre groupe à cette occasion.






Le Saint Charles : second plat de résistance












 

Le séquoïa , unique représentant de son espèce dans ce bois ( pour toutes questions , s'adresser à Benoït )



l'inévitable traversée de rivière : théâtre d'un affrontement boueux dantesque



Et enfin le grand bouillon d'en bas avec son énorme descente .








Un très bon moment à réitérer au plus vite !
Merci à Charly pour celui ci !




samedi 7 février 2015

Trail des 3 vallées

Lorsque je m'inscris à une course, j'espère toujours y trouver du plaisir. Celui ci peut découler de la place finale, du temps ou des paysages . Mais aujourd'hui, j'ai pu vivre un de ces rares moments ou le scénario de course à été quasiment idéal. La ligne franchie, j'étais euphorique, encore sous le coup d'une impression de totale maîtrise. Pourtant, je n'ai pas gagné, je n'ai pas fait de podium non plus et j'ai même réalisé une paire d'erreurs. Mais qu'importe. Après le demi fiasco du trail D2B, l'important était ailleurs.

Depuis 15 jours, je suis passé par tous les états :
D'abord en me punissant et en m'astreignant 10 séances consécutives sans pause et dès le lendemain du marathon.
Puis, épuisé, sans envie et les jambes en vrac j'ai complètement coupé pendant trois jours pour refaire du jus avant le trail des 3 vallées.
Enfin, j'ai racheté des gels qui m'allaient si bien les années passées pour me nourrir durant l'épreuve.



En ce samedi glacial (-5°C à 8h30) , me voilà donc à Couvin ( Belgique) prêt à affronter les 33 kms du jour pour 800 m D+ . En piochant des informations à droite et à gauche, Benoît (rappelez vous ... le prof de physique ) m'a apporté quelques renseignements essentiels : bien se placer au départ car les premiers hectomètres très étroits risquent de me faire perdre du temps . Tout en le sachant, je suis tombé dans le piège .
En même temps, faire partir l'ensemble des concurrents des 3 distances (11,22 et 33 kms) à la même heure, sur un chemin aussi étriqué,  ne pouvait entraîner que des problèmes ...

je me retrouve donc engluer dans le peloton , calquant mon allure sur le coureur qui me précède , dans l'impossibilité de le doubler. Le temps passe, je prends mon mal en patience et lâche enfin les chevaux à l’assaut de la première longue ascension. Celle ci commence sur bitume pour passer ensuite sur chemin de terre. Je me faufile entre les groupes, gratte quelques places lorsque le terrain le permet. La difficulté du jour, outre le relief, est le froid. Pas en tant que tel, mais plutôt dans la diversité des conséquences qu'il entraîne : soit le parcours propose une couche de neige usante et plus ou moins tassée ( 5 à 10 cms), soit nous aurons droit à de longues flaques gelées hypers glissantes. J'ai rarement vu autant de chutes que durant cette épreuve ...
Enfin, à ce binôme glace/neige, il faut ajouter la présence d'ornières complètement gelées elles aussi et traîtresses pour les chevilles, nous sommes parfois à la limite du praticable .

Même mal placé, je m'amuse à rattraper des groupes, les dépasser et aller chercher le suivant. Ce schéma de course m'aura au moins permis de ne pas partir trop vite et de m'économiser. Je joue au Pacman et j'aime bien ! La forme semble être là , je monte facilement, même les portions les plus raides. Autour de moi, je sens mes voisins respirer vite et  fort.

A la séparation  des différentes distances, j'apprends que je suis remonté à la douzième place. Je me retrouve au sein d'un petit paquet de coureurs qui tente de sauter de part et d'autre d'un chemin à la recherche de rares portions ou les appuis ne fuient pas. Un de mes prédécesseurs place son pied sur une couche de glace dissimulée sous quelques centimètres de neige. Verdict immédiat : envolée non maîtrisée, horizontale en l'air , retombée inesthétique, fracassage de la couche de glace , cri guttural et cul dans l'eau gelée.  Le bougre se relève en boitant  avant de reprendre sa course tant bien que mal ... j'ai gagné une place (je suis positif).

D'abord un brin rapide , je trouve que le rythme baisse quelque peu. Je prends les devants lors d'une séquence de toboggans et largue progressivement mes compagnons . Un de mes camarades s'accroche et me permettra de maintenir un rythme sympa en évitant de chasser seul entre deux groupes. Je suis désormais 10 ème.

Au loin, nous apercevons le 9 ème. Lors des parties plates, l'écart stagne, par contre lorsque le terrain grimpe, nous nous rapprochons sensiblement. A force d'abnégation, nous faisons la jonction, au rythme ,sans accélération. Au 16 ème km, nous le dépassons et le laissons seul avec quelques mots d'encouragement.

En tête de notre binôme, je me force à conserver de l'énergie, à maîtriser mon allure pour éviter de finir à l'agonie comme la semaine dernière. Le 17 ème km présente une autre côte sympa et mon compagnon de route prend les devants et impose un rythme trop élevé pour moi . Je laisse filer quelques mètres , le rattrape finalement en fin d’ascension et le lâche au sommet dans la relance. Je suis désormais seul.

La forme est encore là, nous empruntons le bord bitumée d'un lac. En observant le paysage, je vois un concurrent devant moi, je regarde ma montre pour tenter d'établir un écart : 2 minutes.
Mon rythme ne bouge pas, d'une régularité métronomique. Je m'attends à tout moment à exploser mais a priori, aujourd'hui, la fatigue n'a pas de prise sur mes jambes.

Voyant que tout va bien, j'accélère légèrement, doublant les randonneurs, accrochant un vttiste.Je rentre dans une de ces phases ou j'ai l'impression que rien ne peut m'arriver. J'avale les bosses en courant et le 8 ème par la même occasion. Je continue mon effort sentant bien que j'aurai assez d’énergie pour maintenir ce rythme jusqu'au bout. 30 ème km, je dépasse le 7 ème. 31 ème km, je dépasse le 6 ème.

Je dévale la dernière descente, fuse sur l'ultime partie plate, peste contre la présence imminente de la ligne d'arrivée sentant bien que j'en avais encore dans les jambes ...

Je m'arrêterai donc là : 6ème en 2h43. Quelques regrets pour le départ qui m'a fait louper le wagon de tête mais en le prenant n'aurais je pas été en surrégime ? Pas grave, je me suis éclaté comme rarement.
Au regard des résultats, le podium m'était de toute façon inaccessible (2h33). Par contre la quatrième place n'était qu'à 3 minutes ...

Le résultat est encourageant. Je vais poursuivre mon entraînement croisé dans la même direction . Pour imaginer, je n'ai couru que 7 fois le mois dernier (dont 2 courses ). Le reste est composé de natation et d'home trainer.  Je sens qu'il me manque du rythme et que sur courses courtes, les résultats seraient tout autre. il faudra donc intégrer davantage de fractionnés pour améliorer encore la forme. Nous pourrons juger de tout ceci lors de la prochaine échéance : la noctambule chimacienne 22kms (le 21/02) .

Côté organisation :
- Système de départ commun à revoir clairement, tout comme le début de course trop étroit.
- Bénévoles parfaits à chaque carrefour. Pas d'hésitations ni de risques lors des traversées.
- Ravitos au nombre de 3 mais je ne peux les juger car je ne m'y suis pas arrêté.
balisage plutôt correct si on excepte la première partie qui suit la séparation 33 kms / 22 kms ou quelques hésitations se sont faits sentir.
- Mais surtout : prix d'inscription belge donc imbattable ! 10 euros avec repas d'après course et entrée piscine.
- Le parcours fut sympa, relativement roulant et pas tellement difficile. Les 33 kms n'y étaient pas (32 kms) et le dénivelé conforme (selon openrunner : 734 m D+).
- Un photographe dans l'organisation aurait été sympa.
En bref, une belle découverte !

résultats .....   ICI !



samedi 31 janvier 2015

sortie longue sous la neige

La traditionnelle sortie longue  de la semaine (32.2 kms) s'est déroulée au Val Joly. Jusqu'à là, rien de surprenant ! Sauf qu'une invitée , finalement assez peu fréquente dans le nord, a fait son apparition : la neige . J'ai donc eu droit à une séance de trail blanc , une semaine après avoir tâté le sable de la côte d'opale.
Bilan :  les deux revêtements sont fatigants !

Une grosse pensée à tous les trailers qui participeront demain au trail du caillou saint waast et à l'organisation. Glissez bien, amusez vous bien et gare aux ponts en bois  !






dimanche 25 janvier 2015

Trail D2B : le marathon



Je pourrais trouver de nombreuses excuses  pour expliquer l'échec du jour mais elles seraient totalement fallacieuses. J'en suis le premier désolé et faute de mieux, j'en tirerai les conclusions nécessaires.
 Pour autant, tout n'est pas à oublier et  vouloir adopter une nouvelle méthode d'entraînement nécessite un certain nombre d'ajustements que ce résultat va m'aider à cibler.

Avant l'épreuve, j'étais déjà conscient de mes limites. Je savais que j'allais souffrir sur la distance par manque de sorties longues (2 seulement de plus de 30 kms) mais je me suis voilé la face en pensant que m'entraîner tous les jours (sous différentes formes) me permettrait de pallier ce manque. Loupé, j'ai tiré la langue comme rarement.

D'ailleurs, la journée n'avait pas très bien commencé. Après un réveil matinal (4h) et 3 heures de route (!), je me dirige vers l'adresse (rue de Moscou) que j'avais repéré sur le site internet pour récupérer les dossards et ... rien, personne. Petit moment d'affolement et à force de tourner , je finis par repérer un fléchage "trail D2B" qui me mènera à l'obtention du fameux sésame.
Quelques minutes après, seconde séance d'interrogation : Ou est le départ ? Une des bénévoles m'annonce qu'il ne sera pas effectué près de l'aqualud mais un peu plus loin et qu'un plan est fourni dans l'enveloppe du départ. Plan totalement illisible et incompréhensible.Pas de fléchage pour indiquer le départ. Je repère un petit groupe en train de s'éloigner, et les suis pendant 1.5 kms pour atteindre le départ. Plusieurs coureurs n'ayant pas prévus cette liaison arriveront en retard.
Voilà donc deux erreurs à reprocher à l'organisation. Une troisième sera explicitée un peu plus tard.

La ligne fictive est placée sur la plage. En musique, Karine Baillet échauffe ses troupes afin de les faire patienter . L'ambiance est bonne, je retrouve des connaissances et ressent le stress d'avant course que je n'avais pas éprouvé depuis six mois.ça fait du bien .



Le départ est donné. Une autoroute s'ouvre à nous : 3 kms de plage avec du sable porteur. Les positions s'établissent progressivement. Je me trouve à la dixième place sans trop forcer.
Un peu lassante , cette portion a tout de même le mérite d'étirer les 200 coureurs avant les premiers rétrécissements.
Nous pénétrons ensuite dans Le Touquet pour quelques hectomètres de foret et de bitume. Je gagne 4 places , me retrouve 6 ème et en profite pour réaliser une roulade à cause d'une racine mal placée (je perds ,au passage, ma frontale  )
A partir de là, nous allons accéder au royaume des dunes. De nombreux monticules de sable agréables à monter et descendre, pas très longs mais usant par accumulation.

 

Vu ma position, le terrain est parfait, pas encore marqué par des centaines de foulées qui rendront les lieux difficilement praticable. Je m'éclate totalement dans cette espace qui apparaît curieux aux yeux d'un méditerranéen habitué aux dunettes de quelques centimètres de haut. Je vis mon Paris Dakar à moi, mon marathon des sables en moins cher.
Un grand bravo à l'organisation pour le tracé "aller" que j'ai adoré et pour le modique prix d'inscription (24 euros avec buff offert). pratiquement 0.50 centimes / km, on peut difficilement faire mieux.



Avant d'atteindre la mi course, on récupère le bord de mer pour quelques kms à nouveau très roulant. J'ai en ligne de mire les 2,3,4 et 5ème. Tout va encore bien.
Au loin , j'aperçois les véhicules garés, équipés de gyrophare, synonyme de bifurcation vers le parcours "retour"  .Malheureusement , j'observe aussi la cohue des 1200 coureurs du 23 kms qui entame le même parcours. Je vais me retrouver au milieu de la mêlée.



J'étais loin du compte. La mêlée laisse espérer un nombre restreint de participants. Ici, c'était plutôt l'entrée d'Auchan un premier jour de soldes. Du monde partout, sur toutes les dunes et sur tous les coins disponibles. Heureusement, les concurrents sympathique s'écartent lorsqu'on crie à la cantonale " marathon ". Mais , la masse est compacte et je vais vite me retrouver engluer au milieu de ces centaines de coureurs. Je prends mon mal en patience, complètement arrêté. Je me fais doubler par un de mes poursuivants qui n'hésitera pas à bousculer ou à piétiner la flore des abords des dunes. Sans défaillance, je perds des places et je peste contre l'organisation. A leur décharge, je me suis retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment : quelques minutes avant et après , le gros du flot n'était pas encore passé ou avait déjà franchi ce fameux cordon de dunes.



Empli de colère contenue, je récupère finalement la plage pour tenter de récupérer le retard accumulé, récupérer ma sixième place et expulser ma frustration. Je me trouve encore frais.
A force d'insister , je sens que je me rapproche de mon prédécesseur. Son crâne dégarni et son maillot bleu représentent mon obsession du moment. Je pousse pour le rejoindre et accélère encore et toujours jusqu'à m'en brûler les ailes.
Je suis carbo. Complètement et sans transition. je ne l'ai pas senti venir mais je ne n'avance dorénavant plus beaucoup.

 La partie roulante se termine et j'ai pu y limiter la casse. Cependant, nous rentrons à nouveau dans les champs de dunes. Pas moyen de se cacher, l'environnement sablonneux  reflète la forme de l'homme. Et visiblement, la mienne n'est pas au beau fixe.

 

D'autant que des centaines de personnes sont passées avant moi. Le sable dur et porteur à disparu laissant dans son sillage une semoule profonde, instable et éreintante. J'ai les tendons qui grincent, j'avance de trois pas, je recule de deux. Cul à cul, je n'ai de toute façon plus les moyens de doubler. Je me fais dépasser par tous les côtés. tout y passe : des concurrents enrobés, d'autres qui halètent comme mon chien un jour de canicule, personne ne prend pitié et c'est à mon tour de subir les "je passe à gauche". Oh putain la déchéance. Et ces kilomètres qui défilent lentement. Je me console en me disant que je ne ressens aucune crampe et que ma nouvelle méthode d'hydratation à l'air de fonctionner. Mais cela ne suffit pas à me remonter le moral. Au milieu de ce monde, impossible de savoir si je me suis fait doubler de nombreuses fois par des concurrents du marathon. Dans ma tête, c'est pourtant clair : vu mon allure, je dois me retrouver 30 ou 40 ème .



Officiellement, je visais un top 20. Officieusement, un top 10 me semblait envisageable. A l'allure de bernard l'hermite ou je me traîne, toutes ces préoccupations me semblent lointaines. Arriver, me conviendrait déjà beaucoup et soulagerait au plus haut point la lourdeur de mes jambes .
Cela fait bien longtemps que la tête a lâché le morceau. Dommage, car l'environnement reste magnifique. du sable et de grandes descentes à flanc de dunes me procurent encore une once de plaisir. Le fait de se retrouver aussi nombreux sur le parcours gâche quelque peu mon ressenti. Je suis un sauvage, un vrai. Chez qui ne rencontrer personne pendant des heures ne gêne absolument pas.

Après moult kms en toboggan, nous récupérons une ultime fois le bord de plage. Je tente de m'accrocher à quelques concurrents qui  me permettent de maintenir une allure , tout au plus, passable. Mais au moins , j'avance. Je m'arrête ramasser un coquillage, ma foulée rasante tient plus de la marche rapide que de la course. J'entends la voix du speaker toute proche, mon calvaire physique va enfin s'arrêter.
Malheureusement, nous passons à quelques encablures de l'arche d'arrivée pour mieux la contourner et revenir enfin sur nos pas .
Un dernier effort et la course se termine avec une 12 ème place, 41.9 kms au compteur et 3h48min. 1h35 à l'aller et 2h12 au retour.
Sur l'instant, je suis déçu par l'écart de ressenti entre la première et la seconde moitié du parcours .La lecture des résultats me permettra d'observer que beaucoup de mes collègues d'aventure auront vécu le même type d'épreuve. La 6ème place n'est finalement "qu'à " 10 minutes. Cela me rassure quelque peu.

La suite des festivités se déroulera le 8 février à Couvin pour le trail des 3 vallées (35 kms). D'ici là, le peu de temps qu'il me reste ne m'offrira pas le loisir de grandement modifier mon entraînement. L'objectif de courir moins (seulement 3 fois par semaine) va être maintenu avec deux séances consécutives le weekend dont une de plus de 30 kms. Je continuerai aussi à aller nager 2 fois et faire du vélo 2 fois. J'observerai ainsi les effets dans deux semaines.

Côté organisation :
- d'abord, le parcours. Ultra exigeant, magnifique, sympa ... j'ai vraiment beaucoup apprécié celui ci autant à l'aller qu'au retour.
- Le balisage fut excellent, pas d’hésitations. Les bénévoles nombreux aux points stratégiques.
- le site internet mériterait une meilleure organisation, plus claire avec un règlement rassemblant toutes les données nécessaires .
- le lieu de départ demanderait à être balisé.
- il faudrait trouver une solution pour éviter que les marathoniens  ne soient totalement à l'arrêt dès les premières dunes à cause du flot de coureurs des 21 kms. Peut être en nous faisant faire le parcours à l'envers ?
- je ne suis pas un adepte de toutes les distances sur le même circuit et en même temps. Rendant le classement impossible à établir.
- Ravitos au nombre de 3. je ne m'y suis pas arrêté , donc je ne peux juger.
- Karine Baillet à l'arrivée pour prendre le poul de sa course. Très bon point. A l'affut de la moindre observation. Nul doute que l'année prochaine, les erreurs seront effacées.

Côté course :
 - victoire énorme de Leurs Rémy en 2h56 ... et seconde place de Carlier Stéphane collègue de Maubeuge Marathon, organisateur du trail du Caillou saint Waast.

Voilà une vidéo de la course (trouvée sur youtube):

http://youtu.be/kHhHRhZ13Yw

résultats .... ICI !