dimanche 30 décembre 2018

Trail des gueules noires et dodefondo 1

C'est parti pour la préparation de l'ultr'ardèche en mai 2019. Un beau morceau : 222 kms, 4600 m D+ sur route en moins de 36 heures.
N'étant plus capable d'encaisser une préparation essentiellement basée sur la course à pied, je vais tenter un entraînement croisé ou le vélo occupera la majorité des heures d'effort.
Depuis cet été, je n'ai fait que deux sorties longues d'une trentaine de kms puis , beaucoup de VTT , de natation, et des sorties quotidiennes voire biquotidiennes.
J'ai donc voulu m'aligner sur une épreuve d'une cinquantaine de bornes pour voir les effets du début de la prépa sur mon endurance. J'ai donc opté pour le trail des gueules noires (53 kms 1950 m D+) qui m'avait laissé , il y a 3 ans,  un goût paradoxal dans la bouche .



Objectif : gérer ma course , finir sans me blesser et voir si j'arrive à tenir les 20 derniers kms sans m'effondrer.

Le départ est lancé sous une belle averse de pluie. Fidèle à ma stratégie initiale je m'élance en fond de peloton ou je trottine tranquillement au milieu des autres concurrents.
je connais cette course, ses difficultés : un balisage léger , un dénivelé éreintant, un dévers fuyant et une boue glissante.
Voilà 3 ans , je m'étais perdu à de multiples reprises, j'avais explosé après un départ beaucoup trop rapide et je m'étais promis de ne plus jamais revenir.
Oui mais voilà, il fallait bien admettre que l'épreuve était belle , associant tout ce que je peux aimer en trail, façon course de sanglier.

Au bout de 2 kms , en pénétrant dans la première forêt, le peloton s'égare et j'arrive pile au moment ou certains coureurs retrouvent le fil du parcours. Sans forcer, sans accélérer je viens de gratter 150 places.
Je me retrouve 6 ème d'un petit groupe .



L'allure n'est pas rapide, je m'en étonne, gardant en mémoire la folle chevauchée de début de course d'il y a 3 ans.
En accélérant un petit peu, je prends les commandes du peloton persuadé d'être en tête de l'épreuve.



J'arrive ensuite au gros morceau du parcours : l’ascension du terril . En 2015, cette colline charbonneuse m'avait achevé car placée en fin de circuit. Cette année , le sens du tracé a visiblement été inversé et il est clairement plus facile de ce farcir ce raidar lorsque les jauges d'énergie sont pleines !



Jusqu'au premier ravito ( km 21)  , je garde la tête du peloton avec quelques secondes d'avance. Nous montons , nous descendons, nous nous faufilons sous les branches basses. La course n'est pas toujours aisée avec un nombre infini de portions en dévers. Quelques ascensions se font à 4 pattes à la recherche de racines sur lesquelles trouver un appui stable. Nous devons même nous faufiler en tre les barbelés . A cette vitesse , les kms défilent lentement.

 

De mon côté , je reste fidèle à ma stratégie initiale : monter en retenue, sans s'essouffler et relancer à chaque fois que cela est possible.
En croisant des marcheurs , on m'annonce que je suis finalement 6 ème et qu'un groupe de 5 est très loin devant ("c'est pas la peine que tu forces trop" dixit un des randonneurs !)
Qu'importe. Il y en a bien un qui peut exploser comme moi en 2015 .

 

Les côtes s'enchaînent. Parfois suivant le cour d'un chemin,  parfois au milieu de rien . Les portions planent s'avèrent rares et je m'efforce de courir sur de longs faux plats montants.



Le second ravito approche . Pour y accéder ... la galère. Une zone défrichée à franchir, des tronc à enjamber, des souches à éviter et du dévers, toujours là, faisant grincer les adducteurs.



j'aime ces courses ou s'imbrique des parties urbaines et forestières ou la ville est venue épousée le profil de la nature au lieu de le dénaturer.

Au grès des kms, je rattrape des concurrents et je me retrouve 3ème en maintenant mes 10 km/h de moyenne. J'arrive au second ravito (km 42) au moment ou le second s'en échappe soutenu par une belle foulée aérienne.

 

La suite du circuit fut plus simple : moins de côtes, plus de portions planes ou descendantes mais aussi moins de jambes et d'énergie . Je ne vois personne derrière , personne devant non plus.
Vers le 48 ème, j'aborde un pré , encore un , d'abord plat puis bien raide jusqu'à un portillon de sortie.
Je décide de placer une accélération sur cette portion afin de m'extraire de cette zone sans être vu par mon éventuel poursuivant. Un regard en arrière au portillon. Je suis toujours seul et je sais enfin que je vais finir sur le podium.



Ce n'était pas prévu mais c'est toujours bon à prendre.
Quelques kms pour pouvoir profiter au maximum, une dernière côte et je pénètre dans la salle d'inscription qui fait aussi office de lieu d'arrivée en 5h17 , soit 51 minutes de moins qu'en 2015.

Côté organisation :

 

- parcours exigeant, mélangeant l'urbain et le forestier : Courir en pleine forêt ... sur le bord de l'autoroute . Grimper quelques marches en ville pour se retrouver au milieu de la cambrousse ... Trottiner en pleine forêt et devoir franchir les glissières de sécurité d'une route pour pénétrer à nouveau dans massif forestier. Ces deux aspects sont présents, imbriqués constamment dans ce circuit.
- balisage : mieux qu'en 2015 avec une meilleure anticipation des changements de direction mais quelques couacs tout de même ( le scotch orange n'est pas très visible au milieu des couleurs hivernales). En le sachant, je suis resté sur mes gardes pendant toute l'épreuve.
- ravitos : au nombre de deux (vers le 20 ème et le 40 ème), suffisamment fournis.
- prix d'inscription à la belge : 12 euros les 50 bornes avec une assiette de spaghetti et une boisson à l'arrivée.
- merci aux bénévoles et aux photographes.



Côté perso :


 

- visiblement , la prépa a fonctionné et je vais donc poursuivre dans cette direction si le temps le permet ... On rentre dans la mauvaise période pour le vélo et la piscine va fermer pour travaux .
- Prochaine étape : le Gruissan Poli Trail mi février . Même distance, même dénivelé . Moins de boue et plus de pierres.



2 commentaires:

  1. Bien joué David comme dab.........

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  2. Félicitations pour ce podium ! Notre trail est en effet réputé difficile et la météo peut augmenter cette difficulté. Sachez aussi que nous tentons d'améliorer la qualité chaque année de notre événement sur base des remarques qui nous sont formulées. Malgré notre prix démocratique, nous parvenons à dégager quelques bénéfices dont une bonne partie sont reversées à de petites asbl. Notre objectif reste donc d'offrir un parcours nature dans un esprit trail, et de garder cette ambiance qui nous est particulière. Merci pour votre article, et à l'année prochaine ?

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